Les sculptures de Lee Jaehyo, ode à la nature

La nature est au centre du travail de l’artiste coréen Jaehyo Lee qui combine, dans son œuvre, Land Art, minimalisme et Arte Povera. Ses sculptures aux lignes épurées faites de bois/pierres/métaux évoquent des formes organiques. Toujours en retrait dans sa démarche, lee Jaehyo adapte son langage sculptural au matériau qu’il utilise. Il explique que c’est le matériau lui-même qui dicte son geste et sa texture qui décide de la forme. Son but est de laisser exprimer le caractère propre et l’énergie du matériau. Pour l’artiste, la sphère est la forme parfaite car neutre : ni coins ni angles, et qui offre la même forme selon les points de vue.

Ses œuvres, souvent monumentales, aux formes simples et familières intriguent par la richesse de leurs détails : arrangement complexe et aléatoire de lignes et de cercles lumineux que séparent de profondes strates sombres. Ce contraste entre le blanc et le noir est obtenu par la calcination (à l’aide d’un chalumeau) de l’ensemble de la forme – une fois la structure finie -, puis par le ponçage de sa surface révélant la lumière sinueuse d’une myriade de petites formes cosmiques.

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En plus du bois, les clous en acier font partie de sa palette de médium. Ce matériau industriel offre une infinité de petites formes argentées reflétant la lumière contre la surface sombre du bois calciné.

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Bien que non destinées à un usage pratique, les œuvres de Lee jouent avec la frontière incertaine entre art moderne et design. Certaines de ses sculptures sont d’ailleurs utilisées comme mobilier. Pour l’artiste, peu importe, l’important étant de « vivre l’œuvre ».

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Né en 1965 à Hapchen (Corée du sud), Lee Jaehyo vit et travaille depuis 1995 à Yangpyeong (dans la région de Gyeonggi) où il est installé avec sa femme, l’artiste Jong-Rye Cha.

 

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Interview

Cahier de Séoul:  Quel a été le point de départ de votre travail ?
Lee Jaehyo: En 1991, quand j’étais en quatrième année à la hongik University, j’ai commencé, un peu par hasard, à travailler avec de la pierre. Je les suspendais avec du fil afin de créer une sorte de long tunnel en lévitation. L’année suivante après mon diplôme, j’ai travaillé avec du bois et j’ai créé une sphère. C’est ainsi que mon travail a commencé

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Quel message voulez-vous faire passer à travers votre travail ?

Mon travail ne suit ni un plan particulier, ni une intention, ni un concept. Il part d’un hasard, de la découverte d’un matériau. Je cherche une forme qui correspond le mieux au matériau, à son caractère propre, son énergie et sa beauté. C’est le matériau qui dicte mon geste. J’élimine complètement mon histoire pour mettre en avant le matériau. Quand je me mets en retrait, il ne reste que l’œuvre à travers laquelle tout le monde peut dialoguer.

Vous travaillez principalement la pierre, le bois et le métal.

Je préfère les matériaux que je peux trouver dans la nature car ils sont uniques. Dans la nature on ne peut jamais trouver exactement deux fois la même chose. J’éprouve un immense respect pour la nature. Je ramasse les morceaux de bois dans la forêt, les cailloux dans la rivière. Les choisir détermine déja l’œuvre à venir. Tous les éléments naturels sont uniques, et quand je les assemble, ils forment une œuvre d’art. Dans mon travail, le sujet est absent pour laisser la place au matériau.

Qu’est ce qui vous inspire ?

La nature. C’est elle qui me dicte mes œuvres. J’aime regarder la mer, les étoiles la nuit, marcher dans la montagne, sentir la pluie et la neige. J’essaye de cultiver ma sensibilité. Dans mon travail c’est davantage la sensibilité que la raison qui travaille. En fait, je n’aime pas trop aller au musée, ni lire des livres.

Quel est l’élément le plus important dans votre travail ?

Transmettre une émotion. Comme les mots pour un écrivain, l’artiste doit pouvoir faire ressentir davantage de choses aux gens. D’une certaine façon, la vie de l’artiste importe autant, sinon plus, que la qualité de son travail.

Que pensez-vous de Séoul ?

C’est une ville dynamique et surchargée. A Séoul, tout le monde est hyper occupé. Ils y coexistent une infinité de possibilités et l’ennui absolu…

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