LABOLABOUR, la céramique coréenne

 

Labolabour est une marque de design créée par Cho A-ra, jeune céramiste qui cultive le goût de la simplicité. Nous lui rendons visite dans son atelier situé dans une ruelle du quartier Hapjeong à Séoul. Au sol, à côté de ses céramiques, sont posés divers objets et feuilles mortes qu’elle a ramassé dans la rue. Un mur en brique gris divise son atelier en deux parties  : d’un côté, l’espace où elle se repose et de l’autre, l’espace où elle travaille.

Elle nous présente l’ensemble de son travail, depuis les céramiques faites quand elle était étudiante jusqu’à ses dernières réalisations. Quand nous lui demandons ce qu’elle pense de Seoul, elle nous répond que c’est une ville ennuyante, où la diversité fait défaut. La seule image que la ville lui renvoie est celle de la foule, d’un lieu grouillant et bouillonnant.

En sirotant un cafe glacé, dans son atelier, protégé des bruits de la ville, elle nous parle de son travail.

 

Le moment que j’apprécie le plus dans mon travail n’est pas quand l’objet que je fabrique prend forme mais quand toute ma concentration se focalise sur ce que je suis en train de faire. Par exemple quand je suis en train de polir un objet, et que toute mon attention porte sur l’acte lui-même. Je pense que tous ceux qui ont vécu cet instant finissent comme moi par prendre le goût de la poterie, quelque soit l’objet fabriqué. Je ne me considère pas comme « designer » car cela signifierait que je porte une plus grande importance à l’objet fini plutôt qu’à l’acte de création. Pour moi, c’est l’inverse. Je valorise d’avantage le temps de l’action, celui passé à travailler. Même si ce temps est parfois long jusqu’à la finalisation de l’objet. Je n’aime pas vraiment poser de frontières entre différents domaines. Cela emprisonne la pensée. Plutôt que de parler en termes de « domaine artistique », je préfère parler d’attitude de travail. Les personnes que j’admire sont des artistes comme Andy Goldsworthy. Il utilise des matériaux naturels – des pierres, des feuilles mortes, des branches d’arbres – et préserve au maximum leurs formes initiales. Ses œuvres se font par empilement, par assemblage de couleurs. Elles sont érigées sur les lieux mêmes où ces matériaux ont été ramassés. Avec le temps, la force du vent, de l’eau ou de la pluie, ces œuvres se décomposent naturellement et retournent à leur état primitif ? C’est ce genre d’attitude que j’apprécie – ne pas laisser de déchet, ne pas chercher à inculquer une philosophie grandiloquente. Simplement se contenter de son ouvrage au quotidien et faire des éléments naturels ses outils de travail. J’aimerai devenir un artisan qui puisse valoriser son propre travail et le temps qu’il a passé à réaliser ses œuvres.

 

 

 

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