Les paysages éphémères de Pyo Kisik

Photographe de mode reconnu dans le monde de la musique, du cinéma et de la publicité, Pyo Kisik développe, en parallèle de ses commandes, un travail plus personnel dans lequel il capture des scènes de nature, de vie et de lumière. Loin de l’esthétique figé des magazines, les photographies de Pyo Kisik possèdent la qualité de l’instantanée et les hasards de l’argentique. Tendant parfois vers l’abstrait, les clichés de Pyo Kisik ont une qualité atmosphérique profonde qui joue sur les réfléxions lumineuses, les infimes variations de couleurs et les délitements brumeux. Plutôt que de construire des images, des scènes, Pyokisik préfèrent révèler des instants, des ambiances évanescentes qu’il capture in extremis avant qu’elles disparaissent. Il dévoile un monde brut et sensible baignant dans un calme fragile qu’une éclaircie, une averse peut complètement transformer.

 

 

 

 

Comment avez-vous commencé la photo?
J’ai étudié dans une école de design, mais à cette époque je ne m’intéressais pas encore à la photo. Plus tard, j’ai trouvé un vieil appareil photo argentique Fuji qui appartenait à mes parents. Comme il ne fonctionnait plus, je l’ai réparé et j’ai commencé à prendre des photos. Maintenant c’est devenu ma profession.

Avez-vous des moments ou des choses que vous aimez photographier?
Peu importe le moment ou l’objet, si j’ai mon appareil photo avec moi, je photographie. En ce moment je photographie les reflets de lumières qui scintillent sur la rivière Han. J’ai commencé ce travail parce que je voulais conserver ces jeux de lumière qui se transforment à l’infini.

 

Pouvez-vous nous parler du livre de photo 흩어지다 (Dispersion) que vous avez publié ?
C’est un recueil dans lequel j’ai rassemblé mon travail personnel depuis que j’ai commencé la photo argentique en 2010. J’y ai mélangé des choses que j’ai vu, des gens que j’ai rencontré et des lieux que j’ai visité. Eunji Song (chanteuse du Groupe de musique ‘Sogyumo Acacia Band’) a écrit les textes qui sont dans le recueil.

En tant que photographe, à quoi portez-vous le plus d’importance ?
Je pense que c’est l’assiduité. Dans mes photos, j’essaye toujours d’ntégrer des éléments de hasard, comme un oiseau qui entre dans le cadre au moment ou j’appuie sur l’obturateur. Ce n’est pas moi qui crée ces hasards, mais je pense que je peux les capturer en travaillant constamment et en étant attentif.

La nature est importante dans votre travail.
En 2014, j’ai réalisé une série ‘L’arbre qui pousse se tient droit’. Ma démarche consistait a photographier pendant 1 an le même arbre, durant les différentes saisons. Depuis ce travail, je photographie beaucoup les forêts et les montagnes. Un arbre qui semble épuisé au milieu d’une forêt très dense. J’aime trouver ce genre de portrait perdu dans un paysage régulier. La plupart du temps, je ne me déplace pas exprès pour aller photographier quelque chose, mais j’observe et photographie ce que je découvre en me déplaçant.

 

Votre affection pour la nature influence-t-elle votre manière de photographier les personnes?
Ça doit surement m’influencer mais je ne pourrais pas y répondre moi-même. Je n’ai jamais demandé ce que les modèles ont ressenti en travaillant avec moi. Dans le dictionnaire, le mot “affection” décrit une relation émotionnelle et proche qu’on entretient avec un objet précis. J’aime bien observer et attendre. Peut-être que je photographie parce que je veux partager des moments que personne n’a vu.

Avez-vous des épisodes mémorables lors de prises de vue ?
Je ne me rappelle plus quand c’était, mais un jour je suis resté longtemps dans un endroit pour le photographier. Au moment ou je rangeais mes affaires pour partir, j’ai découvert un point de vu qui était beaucoup plus attirant que les autres. Malheureusement, j’avais déjà épuisé toutes mes pellicules… Depuis, quand je découvre un lieu, je m’assure de regarder partout pour ne rien rater et je prépare toujours des réserves de pellicules.  

Quel est votre endroit préféré à Séoul?
Ça fait plus de 10 ans que je vis à Séoul. Quand je réfléchis au lieu où j’ai passé le plus de temps en dehors de ma maison, c’est la rivière Han. J’y vais à toutes les saisons. En hiver, quand l’eau est gelée, j’aime écouter le bruit de la glace qui craque, remué par les vagues.

 

All images © Pyo Kisik

 

http://pyokisik.com/

You may also like

Leave a comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.